Photo Claude Degoutte |
Boutiques et souvenirs
Quand j'ai quitté ma province, Paris, comme pour
beaucoup de migrants, ce fut d'abord l'installation en banlieue. Ce
n'était pas la grande banlieue mais celle qui était juste de
l'autre côté du périphérique. C'était une autre petite
province avec quelques barres d'immeubles et beaucoup de pavillons de
briques et de meulières dans des rues sages et sans saveur, des
petites épiceries et des marchands de légumes, des quincailleries,
des coiffeurs et des marchands de journaux regroupés près d'une
bouche de métro ou des arrêts de bus. Quand on y habitait c'était
préférable d'avoir une voiture.
A la moindre occasion, je passais par dessus le boulevard périphérique pour m'engouffrer dans Paris, l'autre monde. Celui de la ville en lettres capitales à qui les dieux avaient tout donné. De la porte de Versailles, jusqu'à la porte d'Italie, je connaissais toutes les rues qui me menaient, au volant de ma 4CV d'occase, dans l'immense sanctuaire des merveilles, au coeur de l'écrin, dans ses zones d'ombres et ses beaux quartiers, ses délires d'architectes et ses faubourgs populaires. Je découvris, d'abord et surtout, Paris la nuit, et pour cause, le jour, je travaillais.
C'est la mère d'un ami qui me fit découvrir peu à peu Paris, le jour, le mercredi. Je ne dirai rien d'elle. Son souvenir est tout entier dans les rues et les magasins de "notre" Paris. Il y a surtout une boutique de luminaires boulevard Raspail. Denfert Rochereau était seulement une place assez tranquille avec un lion monumental dont on fit le tour. Quand on emprunta le large boulevard calme et arboré avec au loin la promesse de Montparnasse, on arriva tout de suite au magasin, seul et chic. Beaucoup trop chic pour mon porte-monnaie. Mais à cause de toute la lumière qui jouait dans la vitrine, du cadeau qu'elle me fit, et pour un tas d'autres raisons, ce magasin de Paris devint l'un de mes "monuments préférés". Depuis, je passe et repasse devant ce magasin, en bus, en taxi, à pied ou en voiture avec la même émotion intacte.
Alors quand l'an dernier, sa devanture s'est éteinte annonçant des travaux et une fermeture, la modernité volait scandaleusement un de mes premiers souvenirs parisiens. J'ai ressenti une catastrophe imminente. Heureusement quelques mois plus tard, le magasin rouvrit ses portes avec, miracle, la même enseigne. D'autres lampadaires chic et choc brûlent de nouveau sur la belle avenue. Sans doute pour ne pas laisser mourir cette petite flamme d'un après-midi, ou une jeune-fille en fleur devenait une "parisienne".
A la moindre occasion, je passais par dessus le boulevard périphérique pour m'engouffrer dans Paris, l'autre monde. Celui de la ville en lettres capitales à qui les dieux avaient tout donné. De la porte de Versailles, jusqu'à la porte d'Italie, je connaissais toutes les rues qui me menaient, au volant de ma 4CV d'occase, dans l'immense sanctuaire des merveilles, au coeur de l'écrin, dans ses zones d'ombres et ses beaux quartiers, ses délires d'architectes et ses faubourgs populaires. Je découvris, d'abord et surtout, Paris la nuit, et pour cause, le jour, je travaillais.
C'est la mère d'un ami qui me fit découvrir peu à peu Paris, le jour, le mercredi. Je ne dirai rien d'elle. Son souvenir est tout entier dans les rues et les magasins de "notre" Paris. Il y a surtout une boutique de luminaires boulevard Raspail. Denfert Rochereau était seulement une place assez tranquille avec un lion monumental dont on fit le tour. Quand on emprunta le large boulevard calme et arboré avec au loin la promesse de Montparnasse, on arriva tout de suite au magasin, seul et chic. Beaucoup trop chic pour mon porte-monnaie. Mais à cause de toute la lumière qui jouait dans la vitrine, du cadeau qu'elle me fit, et pour un tas d'autres raisons, ce magasin de Paris devint l'un de mes "monuments préférés". Depuis, je passe et repasse devant ce magasin, en bus, en taxi, à pied ou en voiture avec la même émotion intacte.
Alors quand l'an dernier, sa devanture s'est éteinte annonçant des travaux et une fermeture, la modernité volait scandaleusement un de mes premiers souvenirs parisiens. J'ai ressenti une catastrophe imminente. Heureusement quelques mois plus tard, le magasin rouvrit ses portes avec, miracle, la même enseigne. D'autres lampadaires chic et choc brûlent de nouveau sur la belle avenue. Sans doute pour ne pas laisser mourir cette petite flamme d'un après-midi, ou une jeune-fille en fleur devenait une "parisienne".
Marie Bataille
les "Lundi Chou Farci" sont sur http://checkthis.com/choufarci
"Lundi Clafouti" sont sur : http://checkthis.com/5c7e
et les "Lundi Ravioli" sur http://checkthis.com/hjxx
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire