" MARIE BATAILLE auteur littérature jeunesse, livres pour enfants, presse, roman feuilleton: Chronique "Lundi Ravioli" du 12 mars : Nom d'un chien

Chronique "Lundi Ravioli" du 12 mars : Nom d'un chien


Photo Claude Degoutte

Nom d'un chien

Ce matin la vie est douce à la terrasse du café. Soleil printanier, circulation fluide sur le boulevard. Temps idéal pour mater les Médors du quartier. A Paris, dans le 14ème, les chiens sont terriblement "frenchys". Pas très grands, mais coquets, alertes, intelligents, comiques, aimants, bref parisiens.
Je me délecte en regardant Berny. Il est amoureux fou de sa maîtresse et n'arrive pas à se résigner de rester seul avec son maître. Quelle horreur de la voir soudain traverser et disparaître. Berny tire sur la laisse. Il ose, lui, lui montrer combien il ne peut pas vivre sans elle. Un jour, pour elle, il deviendra bandit des rues et finira aussi mal que Mesrine. Il s'échappera, traversera et pour finir se fera buter par un type en moto qui n'aura pas le temps de freiner et se cassera les reins. Ca leur servira de leçon à tous!
Espèrons que Jonas n'assiste jamais à pareil carnage. Il est en pleine crise de retour d'âge et déprime. Il voudrait tellement ne plus sortir du salon, ne plus voir de congénères jeunes et heureux, ne plus être obligé d'être retenu par une laisse Vuitton, ne plus aller acheter le journal, ne plus s'allonger sous la table de la brasserie la Rotonde, ne plus pisser, ne plus être chien. Il s'assoit et me regarde en se demandant si moi je comprends tout ça. Parce qu'elle, sa maîtresse, qui rentre bronzée d'un treakking au Boutan, ne comprend pas. Il aimerait pouvoir demander le divorce.
Lilou, heureusement, voit la vie autrement. Elle passe au salon se faire coiffer deux fois par semaine, elle mange un super pâté vitaminé qui lui fiche une humeur pétante. Elle est douce et caressante avec tout le monde, tous les humains autour d'elle sentent délicieusement bon, le Guerlain , le vison ou le diamant. Elle aime la ville, les taxis, les grands magasins, les salons de thé, les salons de beauté et les agences de voyage. Pour tout ça, elle peut se retenir de pisser toute une journée.
Lilou n'a rien à partager avec Gypsie qui rêve de campagne et de Marlou, de tracteur et de crottin. Elle marche devant sans laisse, un vieux bandana jaune noué en guise de collier et si un flic rappelle à l'ordre son maître Jean François, elle n'hésitera pas à aboyer et à montrer les crocs. C'est déjà arrivé. Et Jean-François toujours fauché a dû emprunter 120 euros pour payer la dernière amende.

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